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Mis à jour le: Samedi, 23 Mars 2019

Remettre le développement durable sur les rails en Asie et dans le Pacifique

Contenu par: Inter Press Service

Armida Salsiah Alisjahbana Secrétaire général adjoint des Nations Unies et secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l'Asie et le Pacifique (CESAP)

BANGKOK, Thaïlande, Jan 3 2019 (IPS) - 2019 sera une année charnière pour l’Agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable.

Quatre ans auront passé depuis que les dirigeants mondiaux ont adopté les objectifs de développement durable (ODD). Quatre ans après que les gouvernements se soient engagés à éliminer l'extrême pauvreté, à améliorer la couverture universelle en soins de santé, l'éducation et la sécurité alimentaire, et à atteindre un large éventail d'objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Suffisamment long pour évaluer la direction que nous prenons et ensuite pour recentrer le travail là où les progrès sont à la traîne.

En tant qu'organe des Nations Unies chargé du développement dans la région, la priorité absolue de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP) consiste à aider nos membres à atteindre les objectifs de développement durable de 2030. Nous travaillons à donner de l'ampleur à leurs efforts par le biais de la coopération régionale et de la coopération Sud-Sud. Nous considérons donc que l’inventaire de 2019 est une opportunité. Un pour faire en sorte que notre région reste sur la voie du développement durable.

Nous savons déjà que les efforts de notre région doivent être intensifiés. L’analyse de la CESAP à l’ONU montre que sur notre trajectoire actuelle, un seul objectif de développement durable, l’éducation universelle, est sur le point d’être atteint par 2030. La dégradation de l’environnement et la pollution atmosphérique s’aggravent. Notre région ressent pleinement les effets du changement climatique, mais nos émissions de gaz à effet de serre restent élevées. Le commerce intrarégional et la connectivité restent en deçà de leur potentiel. Les inégalités, tant à l’intérieur des pays qu’entre les pays, se creusent.

Un bon travail est en cours pour surmonter ces défis. Mais il est possible d'intensifier la réponse de notre région dans trois domaines principaux.

Premièrement, la région ne peut pas se permettre d’ignorer l’inégalité croissante. Si le produit de la croissance avait été réparti plus équitablement au cours de la dernière décennie, des millions de 140 supplémentaires auraient pu sortir de la pauvreté. Les inégalités de revenus, les opportunités et l'exposition accrue aux catastrophes naturelles sont en augmentation. Notre réponse doit clairement concerner plusieurs secteurs. Toutefois, les recherches de la CESAP auprès des Nations Unies montrent que la protection sociale offre le retour sur investissement le plus élevé. Des pays tels que la Thaïlande ou le Vietnam ont élargi leurs programmes de protection sociale et ont une expertise à partager. Utilisons la coopération Sud-Sud pour la partager.

Continuer à renforcer notre capacité de résistance aux catastrophes naturelles est également essentiel. Nous savons que les catastrophes augmentent les inégalités. Ils empêchent les enfants d'aller à l'école et les adultes de travailler, augmentent les inégalités et enracinent la pauvreté. La coopération régionale peut aider à mettre en place des systèmes d’alerte précoce multirisques, à améliorer les prévisions d’impact et l’évaluation des dommages. La CESAP-ONU collabore étroitement avec l'Institut national de l'aéronautique et de l'espace d'Indonésie (LAPAN) pour atteindre ces objectifs. Le LAPAN a joué un rôle de premier plan dans l’élaboration du Plan d’action pour l’application des activités spatiales au développement durable dans la région Asie-Pacifique, récemment adopté. Nous devons maintenant nous concentrer sur la mise en œuvre, exploiter les applications spatiales et les innovations numériques, afin de mieux protéger les personnes contre les catastrophes naturelles.

Deuxièmement, la région doit réaliser son ambition de longue date d'accroître le commerce intrarégional. Les récentes tensions commerciales mettent en évidence la vulnérabilité de l'Asie et du Pacifique au protectionnisme des principaux marchés d'exportation. L'analyse de la CESAP-ONU montre à quel point les chaînes de valeur régionales sont perturbées. Des millions de dollars d'emplois pourraient être perdus en raison de tensions commerciales, les travailleurs non qualifiés, en particulier les femmes, étant les plus touchés. L'augmentation du commerce intrarégional et de la connectivité devrait faire partie de notre réponse. En appliquant l'accord-cadre sur la facilitation du commerce transfrontalier sans papier en Asie et dans le Pacifique, adopté par les membres de la CESAP des Nations Unies pour soutenir l'échange de données et de documents électroniques sur le commerce, des échanges commerciaux plus fluides sont à portée de main. Particulièrement si la connectivité des transports et de l’énergie est également accrue. Les réalisations de l'ANASE dans le renforcement des réseaux électriques transfrontaliers constituent un exemple remarquable d'engagement politique et de coopération technique fructueux. Nous en avons besoin au niveau régional.

Troisièmement, l'Asie et le Pacifique devraient prendre des mesures décisives pour réduire son empreinte environnementale sans cesse croissante, qui nuit au développement et à la santé des populations. Nous devrions commencer par la pollution de l'air. Alors que l'urbanisation se poursuit rapidement, la région représente le gros des villes présentant des niveaux de pollution de l'air malsains. Cela conduit à plus de 2 millions de décès prématurés par an. Il est maintenant temps de convenir d'une réponse commune. Un système qui limite les effets dangereux sur la santé, accélère la transition de la région vers une énergie plus propre, favorise les transports durables et renforce notre lutte contre le changement climatique. Un cadre de coopération politique fondé sur la science pourrait faire une réelle différence, notamment en relevant les ambitions en matière de lutte contre le changement climatique. Les pays de l'Asie du Nord-Est ont déjà convenu d'un partenariat sur la qualité de l'air. Nous devrions envisager de développer cette approche au niveau régional.

2019 est le moment opportun pour la région de mettre en place une réponse régionale plus cohérente à ces défis majeurs. Prendre des mesures décisives pour lutter contre la pollution atmosphérique et le changement climatique, stimuler le commerce intrarégional, améliorer la protection sociale et la résilience aux catastrophes naturelles. Nous devons aider les générations futures à saisir cette opportunité, à se rassembler et à accélérer notre rythme pour parvenir au développement durable en Asie et dans le Pacifique.

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