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Mis à jour le: Lundi, 19 Novembre 2018

Le potentiel de l'économie bleue géante de l'Afrique

Contenu par: Inter Press Service

M. Toshitsugu Uesawa est l'ambassadeur du Japon au Kenya et Siddharth Chatterjee est le coordonnateur résident des Nations Unies au Kenya.

NAIROBI, Kenya, Nov 6 2018 (IPS) - L’Afrique est enthousiasmée par les perspectives de partage de l’industrie maritime, qui représente plusieurs milliards de milliards de dollars. L’agenda du continent, 2063, envisage l’économie bleue comme l’un des principaux moteurs de la transformation et de la croissance.

Les Nations Unies ont décrit les océans, les lacs et les rivières africains comme «la nouvelle frontière de la renaissance africaine».

La Conférence sur l’économie bleue durable se déroule à Nairobi du 26 novembre au 28 novembre 2018. Nous félicitons les gouvernements du Kenya et du Canada d’avoir dirigé cette importante initiative.

La famille des Nations Unies est heureuse d’en faire partie et le Japon est honoré d’y participer en tant que co-hôte.

Le thème de la Conférence sur l’économie bleue durable et l’agenda 2030 pour le développement durable seront axés sur les nouvelles technologies et l’innovation pour les océans, les mers, les lacs et les rivières, ainsi que sur les défis, les opportunités, les priorités et les partenariats.

«La conférence offre d’immenses opportunités pour la croissance de notre économie, en particulier dans des secteurs tels que la pêche, le tourisme, les transports maritimes, l’exploitation minière en mer, d’une manière que l’économie terrestre n’a pas réussi à faire», a déclaré l’Ambassadeur Macharia Kamau, Secrétaire principal, Ministère des affaires étrangères du Kenya.

La conférence s'articule autour des deux piliers conceptuels suivants: durabilité, changement climatique et lutte contre la pollution, et production, croissance économique accélérée, création d'emplois et lutte contre la pauvreté.

Considérez le potentiel: plus de la moitié des pays du continent sont des États côtiers et insulaires. L'Afrique a un littoral de plus de 47,000 km et 13 millions de km2 de zones économiques exclusives collectives (ZEE).

Pourtant, très peu du potentiel de l'économie bleue est en réalité exploité. On estime que le littoral africain abrite actuellement une industrie maritime valant des milliards de milliards de dollars par an, mais qui pourrait potentiellement valoir presque trois fois plus que cela en seulement deux ans.

Alors que le continent examine les promesses de prospérité découlant de ses ressources maritimes, il doit garder un œil sur les dangers qui menacent lorsque de telles ressources ne sont pas correctement gérées.

Avec le récit des découvertes de pétrole, une exploitation durable basée sur l’application de la législation nationale et internationale doit guider toutes les stratégies d’exploitation de l’économie bleue.

Les réalités actuelles dans le secteur justifient une approche prudente: en raison de la surexploitation des stocks de poisson de la région, on estime que l'Afrique perd chaque année un milliard de dollars 1.3.

À l'échelle mondiale, les activités de laissez-faire autour des ressources marines entraînent une pollution qui compromet la biodiversité et la santé humaine. On estime par exemple qu'entre cinq et dix millions de 13 de tonnes de plastique pénètrent chaque année dans l'océan, entraînant des pertes économiques d'au moins un milliard de dollars.

Pour plus du quart de la population africaine qui vit à 100 km de la côte et y vit de moyens de subsistance, les changements climatiques, la hausse des températures de la mer, l'acidification des océans et l'élévation du niveau de la mer constituent autant de défis supplémentaires.

Ce sont les défis auxquels SDG 14 sur la conservation et l'utilisation durable des océans, des mers et des ressources marines cherche à faire face.

Il est clair que si le continent veut mettre en place une économie bleue viable, les pays africains doivent commencer par se concentrer sur les infrastructures et les capacités actuellement limitées pour assurer la sécurité maritime et la protection des côtes.

Le deuxième impératif consiste à établir des partenariats, y compris des modèles de financement novateurs, de préférence pilotés par le secteur privé.

Les premiers signes sont encourageants. Déjà, plus de la moitié des pays africains ont adopté la Charte africaine de la sécurité maritime et du développement («Charte de Lomé»), qui prévoit des mesures de protection et de sécurité du milieu marin à l’échelle du continent. Cela comprendra la coopération en matière de formation, la création d'agences nationales de coordination maritime et, plus important encore, l'harmonisation de la législation maritime nationale.

Ce qui précède fera partie de la vision à long terme du continent pour le développement de l’économie bleue, bien élaborée dans la Stratégie maritime intégrée pour l’Afrique (stratégie 2050 AIM).

Nous devons nous réunir pour faire face à la complexité de la tâche qui nous attend. Les nombreuses tâches liées aux négociations, à la planification, à la coordination et à la participation des parties prenantes doivent être accomplies en premier.

Les investisseurs seront convaincus de participer à l’économie bleue en Afrique lorsque certains des problèmes mentionnés ci-dessus seront pris en compte. L'absence de données, de politiques et de cadres juridiques constituera un obstacle évident aux investissements à grande échelle dans les infrastructures maritimes nécessaires à la réalisation des objectifs ambitieux de la stratégie 2050 AIM.

Lors de la conférence internationale sur l’économie bleue durable qui se tiendra à Nairobi, de nombreux investisseurs et pays auront la possibilité d’examiner dans quel secteur de l’économie bleue ils peuvent concentrer de manière réaliste les investissements publics et privés.

Avec des cadres réglementaires appropriés, le secteur de l’économie bleue ne constituera pas seulement un moyen de sortir de la pauvreté pour le continent, mais assurera également un avenir écologiquement durable.

L'économie bleue peut être un moteur de la transformation structurelle, du progrès économique durable et du développement social de l'Afrique.

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