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Mis à jour le: Vendredi, 20 2019 Septembre

La dégradation des terres compromet la capacité de nourrir le monde

Ibrahim Thiaw Secrétaire général adjoint et secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification

BONN, Aug 9 2019 (IPS) - Nous savons depuis plus de 25 que la mauvaise utilisation et la mauvaise gestion des terres sont les principaux moteurs du changement climatique, mais nous n’avons jamais rassemblé la volonté politique d’agir.

Avec la publication du rapport spécial du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) sur le changement climatique et les terres, qui clarifie les conséquences de l'inaction, nous n'avons plus aucune excuse pour attendre plus longtemps.

Nous ne pouvons éviter les pires ravages du changement climatique sans agir sur la dégradation des sols. Les connaissances et les technologies permettant de gérer nos terres de manière durable existent déjà.

Tout ce dont nous avons besoin est la volonté de les utiliser pour puiser du carbone dans l'atmosphère, protéger des écosystèmes vitaux et relever le défi de nourrir une population mondiale croissante. Nous devons exploiter l'énorme potentiel positif de nos terres et les intégrer à la solution climatique.

Avec l'aide de nos scientifiques, je veillerai à ce que les questions de ce rapport relevant de la Convention soient présentées aux ministres pour qu'ils prennent des mesures énergiques et décisives lors de leur réunion dans le plus grand forum intergouvernemental au monde où les décisions sur l'utilisation et la gestion des terres seront prises. , la 14e session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, qui se tiendra à New Delhi (Inde) dans trois semaines.

Le rapport du GIEC est l’une des quatre évaluations majeures publiées au cours des deux dernières années qui montrent l’impact considérable de la dégradation des sols. Le climat ne souffre pas uniquement du déclin de la qualité des sols.

La dégradation des sols compromet notre capacité à nourrir le monde, menace la survie de plus d'un million d'espèces, détruit les écosystèmes et engendre des conflits liés aux ressources qui nécessitent des interventions internationales coûteuses.

Ces problèmes ne sont plus des problèmes locaux. Le rapport souligne que les flux de consommation et de production de plus en plus mondiaux signifient que ce que nous mangeons dans un pays peut avoir un impact sur la terre dans un autre. À la suite de la dégradation des terres et de la sécheresse, les communautés s'effondrent en raison des pertes de vies humaines et des moyens de subsistance rapides et dévastateurs.

Face à ces conséquences bouleversantes, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification a mis au point un cadre politique solide qui peut permettre aux pays d’éviter la dégradation des terres et de récupérer des terres devenues pratiquement inutilisables.

Le changement se produit, mais pas assez vite. Au cours des quatre dernières années, 122 des pays 169 touchés par la désertification, la dégradation des sols ou la sécheresse s'est fixé des objectifs nationaux visant à enrayer la dégradation future et à réhabiliter les terres dégradées afin de garantir que la quantité de terres saines et productives disponibles dans 2015 ne diminue pas de 2030 et au-delà.

L'année dernière, ces pays ont soumis une date de référence pour confirmer cette réalisation. Et en seulement trois ans, des pays proches de 70 ont mis en place des plans nationaux de gestion de la sécheresse afin de réduire la vulnérabilité des communautés et des écosystèmes à la sécheresse, qui, selon le GIEC, deviendra plus fort, plus fréquent et plus répandu.

Cela montre que l'engagement en faveur de la lutte contre la dégradation des sols est en train de croître, même s'il reste encore beaucoup à faire. Plus de deux milliards d'hectares de terres sont dégradés. Les initiatives visant à restaurer les terres au niveau national ou du paysage ne sont pas seulement essentielles pour inverser le processus.

Ils sont essentiels pour aider la communauté mondiale à atténuer et à s'adapter au changement climatique à court terme, en utilisant le sol et la végétation via des méthodes qui ne nuisent pas à la Terre.

Lors de la réunion des ministres en septembre (aux Nations Unies à New York), je m'attends à ce que le rapport du GIEC ait une forte influence non seulement sur les décisions politiques dont ils vont débattre, mais aussi sur la volonté de les ramener chez eux pour que des mesures appropriées soient prises.

La science peut aider les politiciens à élaborer des politiques éclairées qui aideront les citoyens ordinaires à se préparer, à agir et à créer des voies plus positives pour l’avenir.

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