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Mis à jour le: Lundi, 19 Novembre 2018

Trump at the ONU - Un dramaturge saisit une opportunité

Contenu par: Inter Press Service

James Paul est l'ancien directeur exécutif du Global Policy Forum, basé à New York, et auteur de la publication récente de «Of Foxes and Chickens: Oligarchy & Global Power au Conseil de sécurité de l'ONU»

NEW YORK, Sep 13 2018 (IPS) - Donald Trump, on le sait, est avant tout un showman. C'est une personne qui aime la théâtralité et essaie toujours de rester sous les projecteurs. Dans son théâtre habituel à la Maison-Blanche, cependant, l’air est devenu tendu, l’auditoire peu fiable, ses efforts pour attirer une foule en pleine effervescence.

Le président a donc décidé de venir à New York, le 25 en septembre, pour un lieu toujours très apprécié par les dirigeants du monde, les Nations Unies. Ici, il aura la chance de «se mettre en scène» à la vue d'un public mondial.

Les partisans des Nations Unies vont certainement secouer la tête d'émerveillement. Ils diront: comment pourrait-il venir à l’ONU alors qu’il a déjà fait tant de mal? Comment peut-il faire face à ce public de personnes engagées dans la coopération multilatérale alors que son mantra de signature est "America First!"

À première vue, cela semble contradictoire. Trump a gravement affaibli l'ONU et le multilatéralisme. Qui peut oublier le retrait des États-Unis du Conseil des droits de l'homme, le retrait de l'UNESCO, les réductions demandées des budgets de base des Nations Unies et la diminution des contributions américaines à de nombreux fonds et programmes des Nations Unies.

Il y a aussi le rejet par les États-Unis de l'accord sur le changement climatique, le retrait de l'accord nucléaire iranien, les multiples guerres commerciales et le plan de destruction de la Cour pénale internationale. John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Trump, est célèbre pour son hostilité à l’ONU.

Mais le président vient - comme ils viennent tous - non pas par enthousiasme pour l’ONU et le multilatéralisme, mais pour profiter de l’opportunité théâtrale. Pour Trump en particulier, c’est une chance d’atteindre la grandeur mondiale, de lutter contre les ennemis étrangers, de «perturber» le statu quo et de se mettre sous les feux de la rampe des médias.

Il arrivera, comme le font toujours les présidents américains, avec un grand spectacle et un long cortège. A l'ONU, ses réceptions et réunions seront des moments privilégiés.

Il y aura le premier discours de la tribune de l'Assemblée générale. Il attirera l’attention du monde tout en faisant des jibes prévisibles ou inattendues, en dénonçant des ennemis réels ou imaginaires et en entendant une réalité fébrilement imaginée. Les nations peuvent frémir à la pensée de ce qu'il peut dire.

Des camions de presse vont confier à First Avenue cette émission et ses autres activités. Du point de vue du président et de ses conseillers, ce sera un jeu de morale - donner au monde une leçon de bonne conduite indispensable.

Surtout, il y aura la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies à laquelle il devrait présider. Comment les autres membres du Conseil ont-ils accepté les théâtres inévitables? Les États-Unis se trouvent être le président du Conseil ce mois-ci et les États-Unis se retrouvent presque toujours dans les procédures du Conseil.

En tant que théâtre, il se souviendra inévitablement de la réunion de 2003 en février, lorsque Colin Powell, le secrétaire d’État américain, a plaidé en faveur d’une action du Conseil en Irak. Cela aussi était du pur théâtre, mais avec des conséquences désastreuses.

Lorsque Trump appelle le Conseil à l'ordre, l'attention du public sera rivée, comme c'est souvent le cas, sur ce showman. PT Barnum, l'imprésario du cirque, approuverait la méthode. On peut se demander s'il y aura une annonce belliqueuse: un «dernier avertissement» à la Syrie ou à l'Iran, par exemple.

Entre les moments de théâtre, Trump va-t-il s'échapper pour rencontrer en privé d'autres dirigeants, faire des affaires sous les projecteurs, comme l'ont fait tant de ses prédécesseurs? Ou va-t-il s'en tenir à la théâtralité, content d'être devant les caméras globales et de s'échapper un peu des difficultés de Washington?

Au fur et à mesure de sa visite à New York, rencontrera-t-il des silences maladroits, ou des applaudissements peu enthousiastes - un enthousiasme insuffisant de la part de ceux qui (il pourrait s’attendre) montreraient de l’honneur et du plus grand respect?

Et que se passe-t-il s'il y a de véritables refoulements - si certaines nations jugent que cela suffit, appelez-le pour ses violations scandaleuses de la paix? Y aura-t-il des menaces chuchotées? Tweets vengeurs en colère? Puissance brute en affichage immédiat?

Enfin, Dieu merci, le spectacle sera terminé. Trump partira pour Washington. Les camions de médias disparaîtront. Espérons que les dégâts ne seront pas trop lourds! Peut-être que le soleil brillera.

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