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Mis à jour le: Dimanche, 22 Septembre 2019

Existe-t-il une discrimination à l'égard des femmes dans les soins de santé en Inde?

ROME, sep 5 2019 (IPS) - Dans une conférence inaugurale au Radcliffe Institute de l'Université Harvard, Amartya Sen a commencé par un coup de main à la reine Victoria qui s'est plaint à Sir Theodore Martin dans 1870 à propos de & quote: cette folie folle et méchante de "Droits de la femme" ", comme dans sa rareté monde, personne ne pourrait piétiner ses droits.

Le monde a bien sûr changé radicalement et les droits des femmes sont largement reconnus mais les injustices persistent. Notre préoccupation ici concerne les injustices en matière de santé qui sont largement répandues en Inde. Celles-ci prennent des formes multiples: foeticide féminin, morbidité généralisée et déni d'accès à des soins de qualité jusqu'à ce qu'un état critique se développe. Nous nous concentrons ici sur la vulnérabilité des femmes aux maladies non transmissibles (MNT) et leur accès limité à des soins de santé de qualité en Inde.

Les MNT tuent un million de 40 par an, ce qui représente environ 70% de tous les décès dans le monde. Les MNT sont de nature chronique et prennent beaucoup de temps à se développer. Elles sont liées au vieillissement et à la prospérité et ont remplacé les maladies infectieuses et la malnutrition en tant que principales causes de problèmes de santé et de décès dans la plupart des pays, y compris en Inde. Les principales maladies non transmissibles comprennent les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires chroniques et le diabète. Ceux-ci représentent 42% des décès en Inde. Parmi les facteurs de risque associés aux MNT, il y a le vieillissement, une alimentation malsaine, l'inactivité physique, le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et l'excès de poids.

Le fardeau des MNT s'est déplacé vers les segments les plus âgés de la population (années 60), la prévalence la plus élevée étant celle des hommes et des femmes les plus âgés (années 80 +), avec une prévalence plus élevée chez les femmes.

Contrairement aux femmes qui ont enregistré une augmentation significative, la prévalence globale des MNT chez les hommes a diminué de manière significative au cours de 2004-14, sur la base des données de l'enquête nationale par sondage réalisée en Inde. Les hommes représentaient la majorité dans 2004, mais les femmes dans 2014. La majorité des cas de MNT étaient dans les zones rurales pour les hommes et les femmes. Cependant, la prévalence chez les femmes urbaines était plus élevée que chez les hommes urbains dans 2014.

Il existait un gradient d'affluence significatif entre la prévalence des maladies non transmissibles chez les hommes et une nette augmentation de la prévalence du quintile de dépenses le plus bas au plus élevé de 2004. Ceci est similaire à ce que les femmes ont expérimenté. Un schéma similaire est reproduit chez les hommes et les femmes dans 2014, mais avec un renversement. Alors que la prévalence chez les hommes les plus riches était plus élevée que chez les femmes les plus riches de 2004, cette dernière a enregistré une prévalence plus élevée dix ans plus tard, dans 2014.

Une question importante est de savoir si la plus grande vulnérabilité des femmes aux MNT se traduit par un meilleur accès à des soins de qualité. Pour évaluer cela, nous nous appuyons sur l’Enquête sur le développement humain en Inde, 2015. Pour évaluer la qualité des soins de santé, nous distinguons deux prestataires de soins de santé: les hôpitaux / médecins publics et les hôpitaux / médecins privés. Un plus grand nombre de répondants considèrent que les prestataires de soins de santé privés sont de qualité supérieure à ceux des prestataires publics. Un autre indicateur immédiat de la qualité est l'emplacement des établissements de santé. La qualité du traitement reçu à la maison et dans le même village est souvent inférieure à celle reçue dans un autre village / ville / district. Le point à noter est qu'un village peut avoir ou non un centre de soins de santé primaires, mais les villes et les districts sont beaucoup mieux équipés en installations de soins de santé pour le traitement spécialisé des MNT. La localisation est donc un autre facteur prédictif de la qualité des soins de santé.

Un peu moins du tiers des femmes âgées souffrant d'au moins une MNT ont choisi les prestataires de services publics. À l’opposé, les grandes majorités - environ les deux tiers environ - dépendaient de prestataires privés (à l’exclusion des guérisseurs traditionnels) de 2012. Des proportions similaires sont reproduites pour les hommes âgés. Donc, sur ce critère de qualité, il y avait peu de différence entre les hommes âgés et les femmes.

Mais la distance parcourue par les femmes et les hommes révèle un contraste.

Une proportion importante de femmes âgées, environ 45%, souffrant au moins de 1 NCD ont subi leur premier traitement à la maison et dans le même village. La majorité, environ 55%, s'est rendue dans un autre village / ville / district. Une grande partie des hommes atteints de 1 NCD, environ 40%, ont été traités chez eux et dans le même village, tandis que la majorité, environ 58%, ont été conduits dans un autre village / ville / district.

De ce point de vue, le fait qu'une plus grande proportion de femmes aient reçu un traitement à la maison et dans le même village que les hommes atteints de MNT chroniques suggère que les femmes avaient moins facilement accès à un traitement plus coûteux et plus spécialisé malgré leur plus grande vulnérabilité aux MNT; Cependant, la différence de dépendance entre hommes et femmes vis-à-vis de prestataires privés n'est pas significative.

En résumé, bien que les femmes soient plus exposées aux MNT, leur accès à des soins de santé plus coûteux et plus spécialisés est moins important que celui des hommes. Les preuves en faveur de la discrimination à l’égard des femmes dans les soins de santé de qualité sont donc limitées, mais suggèrent un parti pris.

Les normes sociales et familiales qui limitent l'accès des femmes aux soins de santé ne sont pas aussi rigides qu'on le croit généralement. Une plus grande sensibilisation à l'équité et une meilleure reconnaissance de la contribution des femmes au foyer et au bien-être social pourraient améliorer leur accès aux soins de santé. En outre, des possibilités d'emploi extérieur pour les femmes disposant d'un certain pouvoir de négociation (par exemple, des études secondaires) pourraient renforcer leur autonomie.

(Farhana Haque-Rahmanjournaliste et expert en communication, est un ancien haut fonctionnaire des Nations Unies et Raghav Gaiha est chercheur invité au Centre d’études sur la population de l’Université de Pennsylvanie et chercheur honoraire (honoraire) au Global Development Institute de l’Université de Manchester en Angleterre).

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